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Le Zéro risque, une culture

SNCF

Surprise hier matin pour les Périgourdins voulant prendre le train. Les agents avaient décidé d’exercer leur droit de retrait après l’accident qui s’est déroulé mercredi en Champagne-Ardenne, à Saint-Pierre-sur-Vence. Pour les cheminots, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Les cheminots périgourdins ont décidé hier soir d’exercer leur droit de retrait, pour dénoncer les réformes successives de la Sncf qui conduisent à des accidents qu’ils estiment pouvoir être évités.
Le 16 octobre, un Ter a percuté un camion sur un passage à niveau. Le conducteur du train, blessé, a dû assurer lui-même la sécurité de ses 70 passagers et de la circulation. « S’il avait été tué, ou trop gravement blessé et incarcéré dans sa cabine, que serait-il advenu ? » interroge Jérôme Jean, délégué Cgt des cheminots de Périgueux qui précise que ce mouvement n’est pas syndical. Pour autant, il n’y a pas si longtemps, la Cgt justement alertait, en dénonçant la dégradation continue des conditions de travail et de voyage,  sur le risque que faisait courir à tous le fait de laisser des trains circuler sans contrôleur. C’est justement le cas du train accidenté mercredi. Dits Eas (équipement agent seul), ces rames sont prévues pour ne fonctionner qu’avec le conducteur, qui doit donc fermer les portes et assurer la sécurité des voyageurs montant et descendant des wagons. C’est ainsi que le conducteur du Ter accidenté, seul, a dû parcourir une longue distance à pied, malgré sa blessure, pour activer tous les signaux de sécurité indiquant l’obstacle sur la voie pour éviter le sur-accident. Pendant ce temps, les voyageurs étaient livrés à eux-mêmes... « Nous avons appris à travailler avec la culture du zéro risque », lâchent, dépités, les agents Sncf. « Aujourd’hui, nous avons une direction qui travaille sur le risque calculé. Tant pis s’il doit y avoir des accidents, voire des morts, tous les quatre ou cinq ans. Si ça leur coûte moins cher, ils ne remettront pas en cause leur politique ». La direction de l’entreprise n’avait mis, hier matin, aucun bus de substitution en place, laissant les usagers dans la galère. La Cgt se demande si elle n’espère pas faire monter la colère contre les agents pour masquer sa responsabilité. Pour les syndicalistes, « des centaines de trains dis « Eas » circulent sans contrôleur toute l’année sur la nouvelle région Aquitaine et partout en France. La Cgt dénonce tous ces agissements dangereux qui décrédibilisent le service public ferroviaire, et tient à faire savoir qu’elle n’accepte pas et n’acceptera jamais de mettre en danger les usagers du train. Un contrôleur de train à Périgueux nous a confié : «N’oublions pas que nous assurons un rôle de premier secours primordial, qu’en sera-t-il lorsque les voyageurs seront seuls, isolés dans leurs compartiment ? La Sncf met en péril les voyageurs, abandonne sa mission de service public, les voyageurs sont laissés à eux même, sans aide ni information ». Pour la Cgt, et pour le service public, le métier d’agent du service commercial trains (Asct) est un métier unique, basé sur un haut niveau de formation notamment en matière de sécurité ferroviaire et commerciale au service de l’ensemble des usagers ».
La fédération périgourdine du parti communiste français (PCF) soutient les cheminots. Dans un communiqué, ses responsables indiquent : « Le mercredi 16 octobre dans les Ardennes un train a percuté un convoi exceptionnel. Si l’accident n’a fait aucune victime, les conditions de sécurité qui ont suivi l’accident posent de nombreuses questions. C’est là le résultat de la politique de la Sncf, souvent accompagnée par les conseils régionaux, de supprimer les contrôleurs dans les trains. Les contrôleurs ne sont pas là que pour contrôler les billets, mais ont un rôle de sécurité lors du départ des trains, ou comme dans les Ardennes lorsqu’un incident majeur se produit. Cette politique déshumanise les trajets en train, prive les voyageurs d’information, et entraîne des questions de sécurité. Elle répond à des logiques de rentabilité pour la Sncf, et d’austérité pour les conseils régionaux ». Le PCF appelle donc à cesser cette politique destructrice et dangereuse. « En Dordogne, nous avons assisté hier, en comité de ligne à Lamonzie-saint-Martin, à une réponse audacieuse sur cette question. A savoir la pérennisation et la validation de l’expérimentation de la ligne Bordeaux-Arcachon sans contrôleur à bord, répondant aux enjeux de rentabilité sans répondre sur la question de la sécurité. Au niveau régional, nous appelons la région Nouvelle-Aquitaine à revoir urgemment sa copie sur la convention Ter, notamment sur l’article 14 qui ouvre la porte à ce genre de situation ».

La direction de la Sncf s'est fendue d'un communiqué dans l'après-midi, où elle "souligne vigoureusement que cette grève, sans préavis, est totalement iirrégulière", mais se dit, "prête à examiner en détail toutes les inquiétudes qui lui sont adressées par les organisations syndicales". Elle a donc lancé "des réunions", et "des études", ce qu'elle appelle "quatre actions immédiates et concrètes".