Un meurtrier pouvant se contrer

Santé

Récemment le Prostate tour faisait étape à Périgueux, à la clinique Francheville, pour promouvoir le dépistage du cancer de la prostate. On en découvre environ 55 000 nouveau cas par an, et c’est le premier cancer chez les hommes, et le second en terme de mortalité, derrière celui du poumon.

Le cancer de la prostate tue entre 9 000 et 11 000 personnes par an, et on entend pourtant souvent dire qu’il ne tue pas.
C’est pour lutter contre la méconnaissance entourant cette maladie que le Prostate tour est né en 2016. élaborée par le laboratoire Janssen, cette exposition itinérante tourne dans les établissements hospitaliers en faisant la demande. La clinique Francheville, à travers son département d’urologie qui compte quatre spécialistes, a souhaité se saisir de cette opportunité pour promouvoir le dépistage. « Le cancer de la prostate ne donne pas de signes » précise le docteur David Faramarzi-Roques, urologue, « et quand il en donne, c’est trop tard ». En effet, ceux-ci sont des douleurs osseuses dûes aux métastases, et une insuffisance rénale, et quand on les ressent, c’est que la maladie est bien installée. Pour éviter de les voir apparaître, une seule solution, le dépistage, qui permet de traiter en amont s’il s’avère positif. Le Dr Faramarzi-Roques note qu’il provoque 9 à 11 000 décès par an, la route environ 3 000, « et pour la sécurité routière nous avons de la prévention partout. Pourquoi pas pour le cancer de la prostate ? » Il faut dire que si l’association française d’urologie recommande fortement le dépistage, la Haute autorité de santé (Has) ne la suit pas, estimant qu’il est inutile de le généraliser. Quand on sait que la dernière présidente de cette « autorité publique indépendante à caractère scientifique dotée de la personnalité morale » qu’est la Has, n’était autre que l’actuelle ministre de la Santé Agnès Buzyn avant qu’elle ne soit nommée au gouvernement, on se demande tout de même si les questions de budget n’orientent pas ses prises de position... Quoi qu’il en soit, pour les urologues, la question ne se pose même pas. Pour éviter ces milliers de morts tous les ans, une seule parade, le dépistage.
La clinique Francheville en profitait pour exposer, dans le nouveau hall d’accueil qui se prête bien mieux à ce genre d’animations que l’ancien, son robot Da Vinci, qui permet d’opérer à distance. Le chirurgien est en effet sur un moniteur, à deux ou trois mètres de la table d’opération (à côté de laquelle se trouve impérativement un infirmier), d’où il dirige les bras du robot qui se manient avec une précision... chirurgicale. Les visiteurs venus s’informer pouvaient s’essayer à son maniement. Beaucoup hésitaient, ayant peur de ne pas y réussir et d’endommager le matériel, mais les chirurgiens les y incitaient, ce qui débloquait les peurs. Ces professionnels semblaient tellement sûrs de la robustesse de ce matériel que finalement, les gens se laissaient convaincre. Et là, surprise, les yeux collés au binoculaire qui leur permettait de voir, grossi, la petite zone préparée par les médecins pour la démonstration, et les doigts sur les manettes, chacun se rendait compte que manier cet engin est d’une simplicité et d’une précision, même pour un profane, inouïes. On se doute qu’entre les mains de chirurgiens expérimentés, il permet des opérations très fines, où patient et médecin trouvent un confort indéniable. Cicatrices plus fines et remise sur pied plus rapide pour le patient, confort de pratique pour le médecin, il est utilisé pour toutes les opérations sur des zones dites molles, c’est-à-dire hors os, cartilage et squelette.

Consultations décentralisées
Les urologues de la clinique Francheville assurent des consultations décentralisées à Saint-Pardoux-la-Rivière, Sarlat, Bergerac, et prochainement Thiviers, afin de permettre à un maximum de Périgourdins d’avoir accès à un spécialiste, même ceux vivant dans des zones très isolées, ou ayant des difficultés de déplacement. Ils vont même jusqu’à payer de leur poche pour des patients Cmuc, afin de les soigner comme les autres.