Lycées: faible mobilisation mais grosse détermination

A l’appel national du syndicat UNL, les lycéens de Haute-Vienne ont tenté d’organiser hier un «mardi noir», à Limoges.  La tentative n’a pas pris, mais les revendications contre les réformes des bacs professionnels, généraux et technologiques, et Parcoursup, restent partagées par une très grande majorité de lycéens.
 
Hier les lycéens de Limoges avaient projeté de bloquer les lycées de la ville. Une tentative qui a avorté puisque seul Renoir a pu l’être et encore très peu de temps. Les élèves de ce lycée avaient cadenassé les entrées du lycée. L’intervention des forces de l’ordre, à la demande de l’équipe dirigeante, y a très vite mis un terme. Cela n’a tout de même pas suffi à dissuader les manifestants. Epaulés par une quinzaine de professeurs de Raoul-Dautry qui, la veille au soir lors d’une assemblée générale, avaient décidé de se mettre en grève à l’appel de la FSU et de la CGT’Edu. Une première présence des enseignants aux côtés des manifestants, pour ce mouvement débuté il y a une quinzaine de jours. «Nous partageons les revendications des lycéens sur les reformes du lycée, comme sur Parcoursup», explique Cécile Dupuis, prof à Raoul-Dautry et syndicaliste FSU. En effet pour son syndicat, l’accès au supérieur via Parcoursup dépend désormais étroitement des enseignements suivis au lycée. La FSU dénonce d’ailleurs depuis plusieurs mois des réformes porteuses d’injustice, de sélection sociale et d’aggravation des inégalités territoriales. Enseignants grévistes et lycéens s’étaient donné rendez-vous carrefour Tourny. Ils avaient décidé de faire le tour des lycées de la ville afin de faire nombre. Mais devant la faible mobilisation, les manifestants ont décidé d’aller devant le lycée Gay-Lussac où des élèves et des enseignants se sont regroupés en signe de soutien. 
Pour les organisateurs de ce «mardi noir», peu importe le nombre de manifestants, seules comptent les revendications. «Nous n’avons eu que le week-end pour relayer l’information» explique Leïla Amimer, lycéenne à Limosin, «on a été un peu pris de court, mais il s’agit de notre avenir, on ne peut donc par arrêter la lutte. Le nombre ne compte pas tant qu’on reste motivé et  on le sera jusqu’à ce qu’on soit entendu. Nous voulons aussi rappeler qu’on a le droit de se mobiliser sans se faire arrêter et humilier». Même discours pour Elsa Filippi, pour qui «le plus important est de se battre pour ses droits. Nous sommes nombreux à le penser. Le problème est que les lycéens n’ont pas tous l’autorisation de sortir, beaucoup sont mineurs. D’autres  ne le font pas car il peut alors leur être reproché une absence injustifiée et donc se retrou-ver avec des heures de colle. Donc nous les représentons tous». Les lycéens ajoutent qu’ils participeront à grande journée d’action de vendredi à l’appel de la CGT. Louise Vergne, nouvellement élue présidente de l’UNEF Haute-Vienne était elle aussi présente, afin d’apporter le soutien de son syndicat aux lycéens. «Ils se mobilisent contre des réformes contre lesquelles nous avons nous aussi vocation à nous battre». Elle aussi estime que celle du Bac accentue le phénomène de sélection. «Il est important pour nous d’être présents, car nous soutenons l’idée d’une convergence des luttes». 
Après Gay-Lussac, les manifestants se sont dirigés vers le lycée Renoir, seul avoir été bloqué hier. Une fois sur place, les lycéens n’ont pu que constater que le blocage avait été levé. C’est sur les marches que les élèves ont voulu dénoncer les violences policières à l’encontre de lycéens de Mantes-la-Jolie. Les images de ces lycéens à genou et les mains sur la tête, avaient particulièrement choqué. Ils ont donc reproduit la scène, avant de se disperser.

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