Ils défendaient seulement une petite ligne

Le samedi 8 décembre, un déploiement des forces de l’ordre inédit a pu être observé en gare de Limoges, suivi d’un contrôle systématique des voyageurs directement à la descente du train en provenance d’Ussel. Réaction.
 
Après avoir tenu deux réunions à Eymoutiers qui ont rassemblé beaucoup de monde, le comité de vigilance citoyenne pour la défense du ferroviaire, composé de plusieurs organisations et d’élus, avait organisé une action le 8 décembre, pour la défense de la ligne ferroviaire Limoges-Ussel dont l’avenir est menacé. Il s’agissait donc, pour un certain nombre de membres de ce comité, de prendre symboliquement le train à Eymoutiers pour arriver en gare de Limoges-Bénédictins et se joindre ensuite à la manifestation pour la climat.
Mais les choses ne se sont pas déroulées aussi simplement que ça. En effet, en arrivant à la gare de Limoges, les manifestants ont été accueillis par un important déploiement de forces de l’ordre, suivi d’un contrôle systématique des voyageurs directement à la descente du train en provenance d’Ussel.
Dans un courrier adressé au préfet,  aux parlementaires, au conseil régional, aux membres du collectif et aux associations d’usagers, le collectif a tenu à faire part de «étonnement» et de sa «colère» face à ce déploiement. Un appel à manifester pour la défense de la ligne ferroviaire Limoges-Ussel avait été lancé dans la semaine. Pour autant, le dispositif mis en œuvre face à cet appel était démesuré et surtout ne répond en rien à la problématique et aux revendications portées par les manifestants» indique le collectif dans son courrier.
Et de poursuivre : «Le dispositif en place était plus important que celui mis en place pour une alerte à la bombe ou celui mis en place pour assister les agents du service commercial des trains lorsqu’ils ont besoin d’une intervention de police dans l’exercice de leurs fonctions. à croire que les manifestants sont considérés comme des terroristes dans notre pays. Le résultat de cela, aux dires des cheminots en poste en gare de Limoges ce samedi et des usagers que nous avons pu rencontrer, est : un choc psychologique des voyageurs, un traumatisme chez les enfants présents en gare, un renforcement de la colère des manifestants qui ont l’impression de ne jamais être entendus par les décideurs ; un excès de pouvoir.»
«En mettant de l’huile sur le feu, vous vous êtes rendus responsables d’une situation de tension qui pourrait à terme s’amplifier. D’autant plus que les revendications ne portent pas uniquement sur la ligne Limoges-Ussel, mais sur l’ensemble du Limousin.»
Et le comité de conclure : «Dans un souci d’apaisement, nous vous demandons de cesser à l’avenir de tels déploiements démesurés, d’intervenir rapidement auprès de l’exécutif régional et national (conseil régional, Etat, préfectures de département, préfet de Région) pour que des réponses satisfaisantes, claires et chiffrées soient apportées pour le maintien du service public ferroviaire sur l’ensemble du territoire limousin. Un renvoi à d’éventuelles entrevues avec les décideurs comme nous avons l’habitude d’avoir, ne saurait nous satisfaire et n’apaiserait sûrement pas les manifestants qui se sont rendus le 8 décembre en gare de Limoges, comme ceux des autres lignes ferroviaires du Limousin.»

air max 90 essential womens