Les trains régionaux sous surveillance

Dès le 1er janvier 2019, une nouvelle convention ferroviaire sera mise en place avec SNCF Mobilités. 
Le protocole voté en séance plénière a permis de revenir sur les différents points noirs de la région, à commencer par la ligne Limoges-Angoulême.
 
 
«Ce pacte va dans le sens de toutes les demandes faites par les usagers, les associations et l’ensemble de nos concitoyens, pour avoir plus de régularités et moins de suppressions de trains» assure Renaud Lagrave, le délégué régional aux transports. 
La nouvelle convention ferroviaire entre la Région Nouvelle-Aquitaine et SNCF Mobilités (2019-2024) devra répondre au «nouveau pacte ferroviaire» voté par le gouvernement en 2018. Une annonce qui ne convainc pas l’élu limougeaud, Guillaume Guérin (LR).
«Je me fais le relais des élus de la Haute-Vienne. Le 12 novembre dernier s’est tenue une réunion entre les élus locaux et le préfet de Région au sujet de la ligne Limoges-Angoulême. Il en est sorti un consensus visant à la réouverture rapide de cette ligne. Quelle ne fut pas notre surprise de voir la semaine dernière un heurtoir posé sur cette ligne, visant à couper définitivement toute circulation de trains.»
Le 13 décembre dernier une centaine d’élus et cheminots ont d’ailleurs manifesté en gare de Saillat-sur Vienne (87) (sur le trajet Limoges-Angoulême). Aujourd’hui des cars de remplacement circulent «obligeant les voyageurs à rallonger les trajets de 20 à 40 minutes et comble de l’ironie, dans des bus qui roulent au diesel » s’agace Guillaume Guérin.
295,2 millions d’euros de budget
C’est le montant 2019 alloué à l’exploitation ferroviaire (hors investissement et hors conciliation), contre 299 millions en 2018. Les chiffres de fréquentation sont éloquents dans la Région : + 9,8% en 2007, soit deux fois plus qu’au niveau national (+4,3%). Ce qui entraîne des trains saturés. Un des objectifs de ce nouveau protocole est de faire arriver les trains à      l’heure à 95 % contre 90,2 % aujourd’hui. Et également une offre augmentée de 8%, soit 60 TER par jour en plus. 
«Comment atteindre de tels objectifs avec un réseau ferroviaire qui se dégrade énormément? se demande le socialiste Stéphane Delpeyrat. En particulier pour les lignes sur lesquelles la SNCF n’a plus le pouvoir de financer les travaux». Et Marc Oxibar (LR CPNT) d’ajouter : «Il faut une intransigeance face à la SNCF et rendre le service plus contraignant».
Un système de bonus-malus
Pour garantir la bonne marche du réseau, la nouvelle convention devrait imputer des pénalités à la SNCF en cas de retard, «avec un compte pour indemniser directement les voyageurs, à hauteur de 200 000 euros précise Renaud Lagrave. Nous sommes une des seules régions à mettre cela en œuvre. C’est important de le faire au vu de l’augmentation de la fréquentation  (+ 36 % d’abonnés TER par rapport à la rentrée 2017)». 
Il y aura la mise en place de systèmes de bonus-malus avec la SNCF, via des pénalités pour non-respect de l’engagement de l’opérateur réseau que ce soit en termes d’infrastructure ou d’annulation de train en cas de problème sur une ligne ou de grève.  
«Pour qu’il devienne responsable des infrastructures». La convention définitive sera soumise au vote des élus à la session plénière de mars prochain. 
Les difficiles négociations avec la SNCF
«Nous sommes déjà appelés à financer un certain nombre de travaux pour éviter que des lignes ne ferment ou pour améliorer la performance. Imaginons, si demain les lignes exploitées ne le sont plus avec la SNCF mais avec d’autres opérateurs. Quels seraient les coûts pour la région? J’ai l’impression que l’État et la SNCF sont en train de nous transférer une partie du réseau dont ils ne veulent pas conserver l’entretien au vu de la dette qui est aujourd’hui la leur» prévient le socialiste Stéphane Delpeyrat.
Renaud Lagrave, délégué aux transports coupe court à toute spéculation : «Les premiers signaux sont inquiétants car SNCF Réseau nous a déjà fait savoir que malgré notre mobilisation financière, le budget de 2019 est en baisse de 200 millions d’euros. Il ne faut pas confondre ce que nous signons avec SNCF Mobilités et l’état du réseau. Nous avons des discutions avec toutes les régions de France pour qu’il existe une vraie contractualisation avec SNCF Réseau pour une transparence totale. Sur le budget alloué, nous mettons 60 millions d’euros pour des droits de péages. Je suis incapable de vous dire où va cet argent et pour quels travaux».

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