Benard Lanchais, 50 ans au royaume des jouets

Lauréat de nombreux prix, le designer castelroussin Bernard Lanchais fête cette année ses cinquante ans d’activité dans le monde du jeu et du jouet. Une rétrospective de ses créations est visible jusqu’à la fin du mois dans le hall de l’hôtel de ville de Châteauroux (Indre).
En cinquante ans, Bernard Lanchais a conçu plusieurs centaines de jeux et de jouets qui ont fait le bonheur de plusieurs générations d’enfants. Il a travaillé pour de grandes marques de jouets. Comment ce fils de commerçants né à Châteauroux s’est-il retrouvé dans ce secteur ? «Un peu par hasard» sourit-il.
Son bac en poche, il entre à l’école ationale des beaux-arts à Bourges puis intègre l’école supérieure de design industriel Camondo à Paris où il présente une thèse... sur les jeux du monde. En 1971, le voilà au département éducatif du groupe Hachette. C’est là qu’il conçoit son premier jeu, Les Structures.
Puis d’autres principalement autour d’activités manuelles dont une série pour faire soi-même ses bandes dessinées à partir de ses héros préférés. En 1976, il rejoint le groupe Superjouet où on lui donne une grande latitude pour créer de nouveaux modèles. Dans les années 1980, il multiplie les allers et retours entre le Berry et le Jura, haut lieu de l’industrie du jouet en France. «À cette époque, les professionnels cherchaient des créatifs, des gens qui avaient des idées», se souvient celui qui n’en manquait pas. «Il y avait beaucoup de travail : les collections étaient renouvelées à hauteur de 30 % tous les ans», poursuit-il.
Peu à peu, il va s’entourer de collaborateurs. En 1993, il crée à Châteauroux les Ateliers Bernard Lanchais qui vont compter jusqu’à huit salariés. Le jouet connaît un véritable âge d’or dans ces annéeslà. En 1997, l’atelier Lanchais signe un contrat d’exclusivité avec le groupe Berchet pour assurer la création et la conception du design de leurs nouveaux produits. En 2001, le studio reçoit le grand prix du jouet pour le Bubble go, un porteur évolutif qui connaît un énorme succès. Certains produits deviennent des best-sellers comme les collections Vroom planet (des garages premier âge très résistants) et Majorette, que l’on trouve toujours dans les magasins de jouets. L’atelier Lanchais travaille aussi pour les marchés étrangers et notamment allemand.
Les coloris, les formes, les matériaux évoluent au fil des ans. Il faut sans cesse être à l’affût des tendances tout en répondant à des cahiers des charges de plus en plus stricts sur les normes de sécurité. Les années 2000 voient l’arrivée des premiers jouets numériques.
L’innovation est de mise même si elle n’est pas toujours payée en retour : une petite ferme en amidon recyclable et biodégradable, malgré un 1er prix du jouet suédois, sera par exemple un échec commercial. Une exposition visible dans le hall de l’hôtel de ville de Châteauroux jusqu’au 31 décembre propose une rétrospective de cinquante années de créations. Faute de place, tout n’est pas montré, notamment les jeux d’extérieur. Mais Bernard Lanchais ne boude pas son plaisir : «C’est la première fois que j’ai l’opportunité de montrer mon travail de designer au public, ce qui n’était pas possible avant pour des raisons de confidentialité tant que les modèles n’étaient pas déposés. » Une autre exposition, L’Empire des jouets (des jouets relookés à la mode Empire) est à voir au couvent des Cordeliers à Châteauroux.
Du lundi au vendredi de 9 h à 17 h et le samedi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre

 

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