La Cour des comptes s'en prend aux trains intercités

 

Dans son rapport annuel 2019 rendu public hier, la cour des comptes préconise au gouvernement un abandon des trains de nuit et Intercités, dans un souci de rentabilité. En clair, l’Etat devrait abandonner sa responsabilité : l’aménagement du territoire.

Pour acter cette mise à mort, la cour des comptes demande de couper les financements accordés aux lignes structurantes et aux trains de nuit, tout en transférant la totalité des lignes d’aménagement du territoire aux Régions (gestion et financement).

Après 2020, la cour des comptes conseille au gouvernement de supprimer le mécanisme de financement de l’exploitation des trains Intercités, «ce qui est un leurre, puisque la SNCF autofinance quasiment, seule, cette activité, par le biais de jeux comptables avec l’Etat» relève le syndicat CGT du secteur fédéral des cheminots de Limoges.

Par ailleurs, poursuit la CGT, le propos liminaire du rapport illustre bien la posture choisie par l’Etat depuis de trop nombreuses années : «Les trains Intercités ont été gérés jusqu’à présent sans véritable stratégie».

Abandonner la gestion nationale des trains de nuit et Intercités serait le sacrifice de pans entiers de nos territoires, pour les livrer au modèle du tout routier. Avec de telles préconisations, la cour des comptes va fortement inciter la SNCF, l’État et les Régions, vers des modes de transports alternatifs low-cost. «Cela irait à l’encontre des préconisations environnementales et ne répondra en rien aux besoins de nos populations» s’indigne le syndicat. Qui plus est, les transférer aux Régions, sans leur donner les financements nécessaires, c’est aussi prendre le risque d’aggraver les inégalités entre les territoires et les citoyens, à l’instar de ce qui se passe en ce moment sur les trains de l’activité TER.

A contrario, la CGT affirme qu’il faut «développer les trains de nuit et Intercités qui, demain, permettront à la fois de garantir le droit au transport et de lutter efficacement contre le réchauffement climatique.»

Pour le Limousin se posent alors des questions essentielles «quel avenir pour la desserte Sud au-delà de Limoges ? Comment imaginer que l’autorité organisatrice, la Région Nouvelle-Aquitaine, accepterait de financer deux activités ferroviaires, TER et Intercités, alors qu’elle organise déjà une desserte sur l’axe Limoges-Brive (TER) ?»

«Encore une fois, elle devra faire un choix… Ce cisaillement de parcours aura également une influence néfaste sur la desserte gérée par les autres autorités organisatrices que sont l’Occitanie et l’Auvergne Rhône-Alpes. Un tel millefeuille pourrait entraîner un désintéressement de notre territoire et mettre en péril l’économie de ceux-ci» explique le syndicat CGT des cheminots.

On peut rappeler ici, les mots du président Duron pour la commission TET (trains d’équilibre du territoire) d’avenir : « Pour sauver l’offre TET, il faut agir vite, il faut regarder loin, il faut des mesures fortes qui s’inscrivent dans une vision renouvelée du système ferroviaire. Cette vision, cette stratégie, c’est l’Etat, seul, qui peut la définir et la mettre en œuvre. » Une autre vision que celle de la cour des comptes!

Est-ce en recommandant des suppressions massives de desserte que nous assurerons réellement l’attractivité pour le transport collectif ?

Est-ce par le transport en autocars, exploités aux risques et périls des transporteurs, sans aucun contrat avec les autorités organisatrices de transports, que l’on pourra assurer l’aménagement du territoire ?

Poser la question, c’est déjà y répondre.

 

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