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L’aventure du vélo dans la ville

Aller travailler à vélo. L’une des meilleures solutions pour lutter contre la pollution. Mais dans les faits, notamment dans nos territoires ruraux, cela reste une utopie. Nous n’en avons pas moins décidé de tenter l’expérience, sur la base d’une distance domicile travail de 20 km. En avant.

Entre le Palais-sur-Vienne et Limoges, Véronique, enseignante, emprunte son vélo (électrique) quotidiennement pour aller travailler. «Avec l’assistance, pas de problème même si dans les côtes, il faut quand même mettre la petite vitesse.»

Avec de tels engins, par exemple ceux que met à disposition Limoges-Métropole (à des tarifs très intéressants), la peine est réduite et le bonheur maximum. Mais pour faire le test, pour être vraiment écolo, pas d’assistance électrique, mais un vélo traditionnel. Avec un départ depuis le Val de Vienne, dont on sait (données INSEE) que de nombreux habitants, (près des 3/4), travaillent dans l’agglomération de Limoges. Pour aller en zone nord, comptons 20 km.

A peine monté sur la petite reine, c’est difficile. Sans échauffement et sans entraînement particulier (n’est pas Poulidor qui veut), le petit plateau est de rigueur. On mouline sec et on est vite en sueur. Passée cette douloureuse entrée en matière, le début du périple est plutôt bucolique. Mais rapidement, la circulation se densifie. Des pistes cyclables existent mais il faut la plupart du temps partager la route avec les automobilistes. En zone industrielle nord, la circulation devient même périlleuse. Pour peu qu’un camion vous frôle les moustaches, le trajet domicile-travail fait figure d’aventure. Avantage de la bicyclette : au feu rouge, on peut gagner du temps en remontant les voitures à la queue-leu-leu mais gare, le danger guette. Car même émoussé par l’effort, il faut redoubler de prudence.

Une fois arrivé à bon port, il y a bien sûr la satisfaction de l’avoir fait. Mais on est en nage. Si votre lieu de travail n’abrite pas de douches, la journée risque d’être longue pour les odorats sensibles. Et puis, il faut prévoir des vêtements de rechange. Autant de poids supplémentaire pour le cycliste-travailleur déjà lesté par une indispensable réserve d’eau (pas de ravitaillement possible en route). Et le soir, il faut prévoir le retour.

Pour une distance qui se réalise en à peine 20 mn en voiture, l’usage du vélo nécessite une bonne heure et demi (un peu moins d’une heure en vélo électrique), soit trois heures pour une journée de travail.

Et ne parlons pas de la météo. Des petits matins frais de septembre au courtes mais intenses périodes de canicule, sans parler de la pluie qui n’a pas encore totalement disparu de nos régions, recourir régulièrement à ce mode de transport devient un sacerdoce.

D’autant que la cohabitation avec les autres usagers de l’espace public peut s’avérer compliquée. «Les vélos sur les trottoirs, y’en a marre, tonne Gérard, adepte des transports en commune et... de la marche à pied. Ils ne respectent rien et n’utilisent même pas leur sonnettes quand ils vous frôlent.»

Précisons également que l’expérience réalisée est quasi impossible pour qui doit déposer ses enfants à l’école et bien plus éreintante pour qui doit traîner avec lui son nécessaire professionnel ou sa gamelle du midi.

Bref, sympathique à l’occasion, le vélo pour travailler est pour l’heure réservé aux heureux possesseurs d’une monture électrique, aux sportifs amateurs chevronnés qui profitent de l’occasion pour parfaire leur condition, à ceux qui résident à proximité de leur lieu de travail..., ou aux aventuriers.

Pas étonnant qu’en zone nord à Limoges, le vélo soit si discret.

 

Photo : A Limoges, quand les cyclistes se multiplient, c’est bien souvent qu’il y a une inauguration dans l’air. Ici, pour les amégaments cyclables réalisés sur la technopole Ester.