Le PNT Périgord-Limousin favorise la biodiveristé

CDC Biodiversité et le Parc naturel régional du Périgord-Limousin ont organisé jeudi, une visite de la zone humide restaurée sur la commune de Bussière-Galant (87). Un projet qui vise à rétablir l’équilibre naturel du site afin de s’adapter aux effets du changement climatique et de maintenir le capital santé des cours d’eau situés en aval.

Dans un contexte où le Limousin compte des milliers d’étangs, dont beaucoup restent sans usage et non-conformes à la réglementation, une réelle politique de restructuration est plus que nécessaire pour limiter l’impact climatique de ces zones.

C’est le cas de l’étang du Mazet à Bussière-Galant (87), un étang créé dans les années 70 et à usage de loisir (pêche) et d’abreuvement pour le bétail.

En décembre 2013, une brèche s’est ouverte sur la digue entraînant la vidange complète de ce plan d’eau. Une situation qui a poussé le propriétaire de l’étang à demander sa suppression.

Une décision qui permet par la même occasion de limiter l’impact de ce type de zones, connues pour être l’une des causes du réchauffement des rivières, du mélange incompatible des populations piscicoles, du blocage des flux sédimentaires et de la discontinuité biologique : «Les cours d’eau et les étangs sont certes une richesse pour le Limousin, mais ils ont aussi leur lot d’impacts négatifs sur l’environnement et la biodiversité» lance Benoît Wibaux, adjoint à la délégation Atlantique Dordogne de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, puis d’ajouter : «Nous intervenons auprès des propriétaires en les aidant à supprimer ces étangs, mais il faut aussi avoir la garantie de préserver les zones humides qui remplaceront ces plans d’eau».

Un souhait réalisé sur la zone du Mazet avec le projet initié à la mi-décembre 2018.

Après l’effacement de l’ancien plan d’eau, il fallait replacer le cours d’eau le traversant dans son lit naturel, créer un réseau de mares et mettre en place des aménagements permettant une gestion par pâturage du site (clôtures, abreuvoirs, passages busés). Aujourd’hui, les travaux de restauration sont achevés.

Une belle réussite pour ce projet qui a rassemblé divers acteurs engagés, à commencer par la CDC Biodiversité, une filiale de la Caisse des Dépôts qui a pour mission de financer tout projet visant à la préservation et la restauration des milieux naturels : «Nous agissons dans le cadre du programme Nature 2050 en apportant les fonds privés nécessaires à la gestion de ces zones humides».

En effet, le programme Nature 2050 de CDC Biodiversité est soutenu financièrement par de nombreuses entreprises nationales et locales notamment l’entreprise Silab, fabricant corrézien d’ingrédients actifs naturels, qui ont apporté les fonds privés nécessaires : «La biodiversité est une librairie des possibles pour notre entreprise qui travaille avec les produits issus de la nature... Cette contribution est volontaire, ce n’est pas un impôt, mais c’est plutôt une façon de préserver ces zones jusqu’en 2050» note Xavier Gaillard, directeur général chez Silab.

C’est donc un projet à court, moyen et long terme qui s’engage sur le site du Mazet à Bussière-Galant.

De quoi préserver ces milieux remarquables, véritables amortisseurs climatiques qui protègent contre les canicules et stockent efficacement le carbone, facteur majeur du réchauffement climatique.

 

Photo : Une zone humide complétement restaurée qui permet de stocker le carbone et lutter contre le réchauffement climatique.