Une école pour la liberté d’être

Parti communiste français

Hier à Saint-Léon-sur-l’Isle la section de Saint-Astier du parti communiste français (PCF) organisait sa seconde Fête des solidarités, sur un terrain mis gracieusement à sa disposition par la municipalité, au bord de la rivière. Vide-greniers et animation musicale assuraient le côté festif, mais le revendicatif n’était pas laissé de côté.

Sébastien Laborde, secrétaire fédéral du PCF Gironde et membre du Réseau écoles,  est enseignant dans la vie professionnelle. Il était tout désigné pour venir animer le débat,  sur le thème de l’éducation.
Si les responsables de la section communiste de Saint-Astier ont choisi ce thème, c’est qu’il est aujourd’hui crucial pour l’évolution de notre société, et le choix de celle dans laquelle on veut vivre. Or personne ne peut démentir que la société de demain sera construite par les enfants d’aujourd’hui. Dans ce contexte, la politique menée en matière d’enseignement est un parfait révélateur des dérives sociétales orchestrées par ce gouvernement..., mais il n’est pas le premier. « Longtemps, l’école a fabriqué des citoyens » note Sébastien Laborde. « Aujourd’hui, ils veulent qu’elle forment des travailleurs répondant aux besoins du patronat. Jusqu’à présent, l’école fonctionnait autour d’un compromis. Il était nécessaire d’élever le niveau d’une classe d’âge, car il fallait des salariés avec un savoir-faire, et une conscience sociale. Aujourd’hui, il y a besoin d’une partie de la main d’oeuvre corvéable à merci, assignée à des mono-tâches et à qui on demande de ne surtout pas réfléchir, et à côté, il faut des salariés avec une formation très poussée, qui seront les cadres supérieurs ».  Il remarque que toutes les réformes, depuis Macron mais même avant, visent cet objectif : sortir du système scolaire les enfants en échec, pour les diriger vers le monde du travail, « avec des conditions moins bonnes qu’il y a 20 ou 30 ans ». Or quand les enfants ont de moins bonnes conditions de vie que leur parent, ça s’appelle une régression.
La réforme du lycée, avec les fameuses spécialités, qui sont au coeur de la réforme Blanquer, ne sont pas lancées, pour Sébastien Laborde, afin de réaliser des économies, « mais pour individualiser les parcours et la sélection à tous les niveaux. Les élèves, qui sont sélectionnés en fonction des options choisies dans les filières post-bac, ne seront plus sur un pied d’égalité. Toutes les options, et tous les lycées, ne sont pas côtés de la même manière, et les élèves des territoires ruraux auront moins de chance d’accéder à la filière de leur choix ». Il est un autres aspect de la réforme Blanquer qui passe difficilement, celui de l'abaissement à 3 ans de l’enseignement obligatoire. « Les communes devront le financer, et dans ces périodes de restrictions budgétaires, la pression, notamment sur les maires ruraux, sera importante ». Malgré le recul sans précédent de notre système d’enseignement dans le classement européen, l’école maternelle, spécificité française, demeure une réussite, et 97 % des enfants de moins de 6 ans la fréquentent. La rendre obligatoire pour tous s’apparente donc plus à un effet d’annonce qu’à une révolution... « C’est l’école de la différenciation, où on prend l’enfant tel qu’il est » insiste Sébastien Laborde. « Aujourd’hui, les écoles maternelles vont être mises en concurrence avec l’enseignement privé, la pédagogie alternative...» Il confie que les établissement ruraux sont aussi une école de la réussite, « comme les maternelles. Les enseignants qui ont dans la même classe deux, voire trois niveaux, sont obligés de différencier, de s’adapter au rythme des enfants, et les élèves sont moins nombreux qu’en milieu urbain, 15 ou 16 contre 25 à 30. Ce sont ces écoles qui sont attaquées ». En tant qu’enseignant, il est bien placé pour remarquer qu’il y a de plus en plus d’injonctions, « qui sont en décalage avec ce que nous vivons en classe, ce qui entraîne une perte de sens et de repère. On demande de plus en plus de choses aux enseignants qui ne peuvent y parvenir car les enfants, eux, ne changent pas. Il existe donc un fossé entre ce qu’on nous demande, et ce que nous sommes en capacité de faire ». Il dénonce également la « chape de plomb sous laquelle on veut mettre les fonctionnaires. Aujourd’hui, un enseignant peut être attaqué par sa hiérarchie parce qu’il critique une directive ou une injonction ». Il indique que le PCF a la volonté d’organiser des états-généraux de l’éducation, pour engager une vraie refonte des programmes, « afin de répondre aux besoins des enfants qui n’ont que l’école pour apprendre, et que ces programmes puissent être évalués dans la durée ».

Tout et son contraire
Rendre la scolarité obligatoire dès 3 ans est une de ces mesures dont on se demande la finalité. Actuellement, la maternelle forme à la socialisation, prépare les enfants à l’écriture, la lecture, la numérotation, donne des repères dans l’espace et dans le temps... Jean-Michel Blanquer, l’actuel ministre de l’éducation nationale, doit ignorer tous ces acquis puisqu’il veut réformer l’école maternelle. Pourtant, il met également en place, en Cp et dès le mois de septembre, des évaluations permettant de détecter le niveau des élèves. Il a donc conscience que les enfants en maternelle apprennent des choses. Ce n’est pas la première aberration que ceux qui ne sont rien, le peuple ouvrier et travailleur, constate de la part de ce gouvernement. Sa « pensée si complexe » l’empêcherait-il de se rendre compte qu’il dit tout et son contraire, dans une cacophonie préjudiciable aux citoyens ?

Fête des vendanges
Très active dans ce bourg qui, malgré une vie associative et municipale riche, est tout de même isolé car ne disposant d’aucun moyen de transport collectif pour se ren-dre dans les communes voisines, la section communiste organise une seconde fête, le 6 octobre, à la salle des fêtes de Saint-Léon, la Fête des vendanges. On y débattra municipales, développement des services publics de proximité, périmètre de l’intercommunalité et besoins des populations. La manifestation débutera dès 11 h.