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"Le bouton de rose", un spectacle référence sur le clitoris

Théâtre

Le spectacle, «Le bouton de rose», écrit et interprété par Sophie Accaoui  sera présenté ce samedi 14 octobre à 20h30 à la salle polyvalente de Soudaine-Lavinadière. Le titre ne laisse place à aucun doute, il s’agit bien d’une création théâtrale centrée sur le clitoris, ce toujours méconnu objet du plaisir...

Comment vous est venue l’idée d’écrire un spectacle sur le clitoris ?
C’est une longue histoire. Au départ, je voulais écrire sur la parité homme-femme car il y a sept ans, on parlait beaucoup de ce sujet politique. Cela m’exaspérait d’imaginer qu’il faille une moyenne de femmes dans une assemblée. Je trouvais ça pénible et j’aurais préféré qu’on accepte les femmes pour ce qu’elles sont, leurs capacités intellectuelles à l’égal des hommes plutôt que de faire la parité. Je trouvais ça grotesque mais je sais que parfois, il faut faire avancer les choses et donner des lois.
Donc je m’enlisais sur ce sujet de parité quand un été, j’ai lu un article qui traitait des clitoris excisés réparés.Je me suis aperçue qu’on parlait du clitoris que quand on parlait d’excision. Je lis cet article sur un chirurgien français Pierre Soldès, qui forme beaucoup de chirurgiens. Je ne comprenais pas comment un clitoris coupé pouvait être réparé. J’ai questionné mes amis autour de moi sur ce sujet et je me suis rendue compte qu’on ne savait rien du tout. A l’époque, on n’en parlait pas. J’ai donc écrit ce spectacle.

Le sujet a intéressé beaucoup d’autres personnes ensuite ?
Il y a eu le mouvement féministe «Osez le féminisme» qui s’est lancé dans une campagne «Osons le clito». C’est arrivé juste après le spectacle. Je suis assez proche du magazine Causette. Elle-même a consacré plusieurs numéros au clitoris dont un hors série paru l’hiver dernier dans lequel j’écris un article car maintenant je fais figure de spectacle référence !

On peut dire qu’à la base, ce spectacle est une réflexion politique ?
Complètement. De la parité j’ai glissé sur ce sujet du clitoris... Je me suis aperçue que c’était  un sujet tabou. J’ai trouvé scandaleux qu’à notre époque, on ne sache pas beaucoup de choses sur le clitoris alors que de nombreux travaux ont été publiés. J’ai découvert que beaucoup de médecins au début des années 2010 n’étaient pas tous informés sur cet organe. Quand j’ai écrit mon spectacle, des amis médecins m’ont dit «Tu écris n’importe quoi mais c’est charmant»...

Cette ignorance est liée à une société, une morale, une éducation. Le fait que cet organe ne soit pas bien connu des hommes et aussi des femmes, c’est dû à une culture judéo-chrétienne ? J’imagine que cela a dû nourrir l’écriture de votre spectacle ?
Oui. Je suis une militante féministe. Je pense que parler de plaisir féminin, c’est encore tabou. En tout cas, cela doit passer par la pénétration, le coït. Or c’est vrai que le clitoris ne nécessite pas une pénétration. C’est une des raisons pour lesquelles cet organe a été ignoré dans sa totalité. Maintenant, c’est intéressant de savoir que toutes les femmes sont clitoridiennes et que le plaisir qu’on croyait vaginal est aussi un plaisir clitoridien. ça réconcilie tout le monde. Sauf que peut-être  une femme qui jouit c’est encore une femme mal vue. Ce en quoi mon spectacle est entre guillemets «politique».

Comment se présente la pièce ?
Ce n’est pas un spectacle médical, anatomique. Je mets en scène un personnage un peu mémère. Quand elle parle de plaisir, c’est toujours un peu bizarre, il y a un décalage. Ce n’est pas un sex-symbol de 25 ans. C’est autrement dérangeant, une femme mûre qui parle, découvre le plaisir, le désir. Le spectacle a plusieurs facettes. Il y a le fond du fond qui est le clitoris mais c’est aussi un spectacle léger, de distraction, décomplexant, très poétique et littéraire. Il y a une certaine jouissance des mots.

Le choix d’une vraie fausse conférence est une idée du metteur en scène ?
Non c’est mon idée. Laurent Lévy, heureusement qu’il était là. J’ai fait appel à lui quand j’ai tout écrit. J’avais besoin d’un regard extérieur. A la fin d’une représentation, il m’a dit «il y a tout mais il faut tout travailler». Le metteur en scène a apporté de la dramaturgie, l’émotion du personnage de conférencière très pudique, coincée dans le discours car trop intime. Il a fait naître le personnage qui évolue au cours du spectacle. On assiste à l’éclosion d’une femme délirante qui se ressaisira à la toute fin. Le personnage se livre et chante. A la base, je suis aussi chanteuse. J’ai aussi demandé à Laurent Lévy de me mettre en scène car il est musicien et a une connaissance du corps qui chante. Elle chante a capella, elle se met à nu. Ca participe à la sensualité, à l’étonnement du public. Il n’y a pas d’artifice, tout est artisanal. L’écriture est assez exigeante dans un esprit très français. Il y a des jeux de mots, du Brassens, du Bobby Lapointe. C’est le plaisir de dire les choses.

Ce personnage que vous interprétez c’est un peu le miroir du spectateur dans la salle qui vous écoute, également dans cette situation de gène, d’inconfort par rapport à ce sujet ?
C’est tout à fait cela le cheminement. A la fin du spectacle, les gens sont assez épanouis, hommes et femmes. J’ai des amis qui ne sont pas venus pendant des années me voir jouer ce spectacle. Ils avaient plein de raisons pour ne pas venir. Un jour, ils m’ont avoué que c’était par peur du sujet. Ils l’ont vu et ils sont devenus les plus grands défenseurs du spectacle parce que justement c’était fait avec délicatesse, joie, tendresse. Mes détracteurs me disent qu’il est désuet. Je ne crois pas.

Vous rappelez que la première planche anatomique exacte du clitoris date de 1998. Pourquoi un tel retard ? Vous parlez aussi d'excision morale. C’est un terme assez fort.
C’est mon indignation de départ quand j’ai écrit ce spectacle. Même moi je me suis demandée comment on pouvait être aussi ignorante de sa propre anatomie. Quand on ne nomme pas les choses, elles n’existent pas. Autour de moi, les gens ne disent pas le mot clitoris. C’est à cette rentrée de septembre 2017 qu’un manuel scolaire  a enfin publié la première planche anatomique complète du sexe féminin chez Magnard. C’est la première fois !
Dans mon spectacle je ne parle pas de la planche anatomique de 1998. C’est plus un spectacle sur le désirs et les interdits que l’on se donne et la recherche d’un certain plaisir. Le ressort dramatique est que c’est une femme plutôt bourgeoise un peu plan-plan, coincée qui parle d’une chose un peu olé olé !

Quelles sont les réactions du public à la fin du spectacle ?
En tête à tête, j’ai eu des réactions très surprenantes. Une femme m’a demandé ce qu’était un orgasme. J’ai eu des confidences. Des critiques m’ont dit que c’était has-been car tout le monde est libéré. Je n’en suis pas sûre. Il y a toujours des gens qui ont des blocages. Chez les jeunes qui affichent une sexualité débridée, je ne suis pas si convaincue de ça, d’une sexualité épanouissante, heureuse et douce qui donne de la joie à vivre.

Propos recueillis par Serge Hulpusch

*Spectacle, «Le bouton de rose», imaginé, joué et chanté par Sophie Accaoui et mise en scène Laurent Lévy. Création lumières Élias Attig.
Samedi 14 octobre à 20h30 à Soudaine-Lavinadière Salle polyvalente.  A partir de 16 ans.
Tarif 12€. Réservations : lmcreations@laposte.net  ou en téléphonant au  06.12.32.72.76 ; site http://sophie-accaoui.net/spectacles

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