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Le Front Populaire fait son cinéma

Peuple et culture

Demain soir, Peuple et Culture organise une soirée sur le thème «Cinéma et Front Populaire» à 20h30 à la salle Latreille.
Trois films documentaires seront projetés dont deux datent de 1935 et 1936.
L’histoire est parfois ironique… 2016 est à la fois l’année de la loi El Khomri, détruisant des pans entiers du code du travail et celle du 80e anniversaire du Front Populaire, qui a marqué le début de la construction d’un état social sous la pression de la grève générale et des occupations d’usine : salaires augmentés, instauration des conventions collectives, recours à l’autorisation de l’inspection du travail en cas de licenciement*, généralisation des délégués du personnel qui limitent l’arbitraire patronal, durée légale hebdomadaire qui passe à 40h au lieu de 48h et pour la première fois dans l’histoire ouvrière les congés payés !
Le «Temps libre» est alors accompagné par un secrétariat d’Etat à l’organisation des loisirs et des sports, confié au jeune député Léo Lagrange. Il suscite l’ire des conservateurs, moins parce qu’il traite de culture et de loisirs que parce qu’il en fait un objet de préoccupation publique.
Le soutien est apporté aux Auberges de jeunesse, les billets SNCF sont à tarif réduits, les premières nocturnes au Louvre, la création du Musée d’Art Moderne, du Palais de la Découverte, du Musée des arts et traditions populaires sont lancées. Les premières formes d’aide publique au livre et à la création radiophonique apparaissent. Le théâtre populaire fait ses premiers pas.
Ce mouvement se nourrit aussi de l’action d’une multitude d’associations** comme les Auberges de jeunesse ou d’organismes qui élargissent leur champ d’intervention. Ainsi par exemple la CGT qui organise des voyages, fonde le «Théâtre du peuple» ou finance le cinéaste Jean Renoir pour son film «La Marseillaise».
Le PCF initie l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, la fédération musicale populaire, les associations Radio Liberté et Ciné Liberté dans lesquels se sont engagés des cinéastes aussi prestigieux que Jean Epstein, Jean Renoir, Jacques Becker, Luis Buñuel et le photographe Henri Cartier-Bresson...
Rassemblement unitaire :
Le premier des films projeté est «le défilé des 500.000 manifestants à la porte de Vincennes, 14 juillet 1935 (1935, 20  minutes). Ce document, issu d’une réalisation collective, retrace la journée du 14 juillet 1935. Face à la menace représentée par la montée des ligues fascistes, les forces de gauche proclament leur union au cours d’un grand rassemblement. Première manifestation unitaire, cette journée clé préfigure le Front Populaire.
Le film s’ouvre sur les assises du Rassemblement populaire, qui se tiennent le matin au stade Buffalo à Montrouge, en présence de membres de la SFIO, du Parti Communiste, des radicaux, des deux CGT et de la Ligue des Droits de l’Homme. Le défilé a lieu l’après-midi entre la place de la Bastille et la Porte de Vincennes. Des différents quartiers de Paris converge une foule immense et joyeuse. Ce film a été restauré par les Archives Françaises du Film du CNC, comme le suivant.
Grèves d’occupations, tourné en 1936 et d’une durée de 13 minutes, résulte lui aussi d’une réalisation collective.
Il retrace les grèves de juin 1936 en région parisienne, principalement aux usines Renault de Billancourt et aux studios et laboratoires de cinéma de Gennevilliers et Epinay-sur-Seine. Fidèle reflet de l’esprit de 1936, «Grèves d’occupations» fut un des films les plus diffusés dans les circuits militants du Front populaire, et signe une des premières rencontres entre le monde ouvrier parisien, les métallos en particulier, et une partie du monde du cinéma, les travailleurs et leur syndicat. «A l’intérieur des grandes entreprises de la région parisienne, l’équipe de Ciné-Liberté (…) a filmé les occupations d’usines. On voit les ouvriers préparant des lits de fortune pour la nuit, couchant sur le tapis roulant de la chaîne, sur les coussins des carrosseries, au pied d’une machine, sur les chaises longues des magasins et, parfois, sous une tente de camping dressée dans la cour de l’usine.(…) On assiste aux grandes fêtes, aux bals, aux manifestations, aux séances de chant organisées dans l’usine» écrivait Georges Sadoul, le 27 août 1936 dans la revue Regards.
L’euphorie de 36 :
Enfin, le troisième documentaire présenté est «Ceux qui se souviennent» de Hubert Knapp, 1981, 60 minutes. Il se compose d’images d’archives et de témoignages d’anciens ouvriers originaires de Villerupt, Longwy, Paris et Marseille. Tous racontent l’euphorie de 36, l’élection du Front Populaire, les grèves et les occupations d’usines ainsi que leurs engagements.
L’entrée à la soirée est libre.
(*) le texte de loi El Khomri a même été aggravé dans sa version finale après le 49-3.
En effet, dans la discrète ordonnance n°2016-413 du 7 avril 2016, l’intitulé «inspecteur du travail» disparaît du code du travail, remplacée par «agent de contrôle de l’inspection du travail». Un changement fondamental qui scelle la fin de l’indépendance des inspecteurs du travail, pourtant garantie par l’OIT.
(*) Peuple et Culture était déjà le nom d’une association d’éducation populaire fondée en 1936 au moment du Front Populaire à Sassenage près de Grenoble. Ce nom fut repris en 1945 par les fondateurs de Peuple et Culture descendus des maquis du Vercors.

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