Voilà «le printemps des retraités» !

Social

La colère des retraités perdure à l’aune de la crise sociale. L’intersyndicale des retraités dénonce le refus du gouvernement à recevoir leurs représentants nationaux. Le 11 avril, ils descendront dans les rues de France. En Corrèze, ce sera à Tulle avec grande distribution de cartes postales destinées au Président de la République.

Alors que sera rendue lundi prochain «la restitution du Grand débat National», l’intersyndicale des retraités lance d’ores et déjà un appel national à retourner dans la rue. Le pouvoir d’achat reste au cœur du mécontentement mais les raisons s’avèrent multiples. Les dernières mesures prises par le gouvernement Macron n’ont pas été à la hauteur. L’intersyndicale des retraités est unanime, l’augmentation de 0,3% des pensions de retraite  n’apporte aucune satisfaction face à la hausse des prix estimée à 1,6%. La surdité du gouvernement face à leurs revendications n’est pas faite pour arranger le dialogue social. Michel Planche de la CGT parle d’un «petit os» qui a été jeté en pâture. Une image qui indique le degré d’estime ressenti par ces hommes et ces femmes «Nous avons le sentiment de devenir une tare pour la société» expose Alain Guinot syndiqué FSU.
L’annulation de la hausse de la CSG est insuffisante à leurs yeux et la revalorisation des pensions sur la base de l’inflation pour les petites retraites... du flan à la sauce baliverne : «C’est un effet d’annonce. Il faudra justifier de revenus sous le seuil des 34.000€ par an pour un couple  pendant deux ans. Cela ne va concerner que très peu de personnes» éclaire Jacques Vermillard de la FGR.FP. La réalité que déplore l’ensemble  des syndicalistes est «les 25% de hausse de la CSG soit une perte de pouvoir d’achat de 5%».

"Une force économique"

«Nous sommes 16 millions de retraités en France. Souvent actifs dans les associations. Nous sommes une force économique de ce pays»  affirment-ils.  
La représentante de l'UNSA, Brigitte Rebuffie voit les retraités comme étant «au croisement des solidarités, entre nos enfants et  nos parents. On y  met beaucoup de notre temps et de notre argent. On subit les prix des carburants dans nos déplacements. Nous sommes aussi bénévoles dans  des associations. À ce titre, nous remplaçons les services de l’État. En contre-partie, on nous culpabilise». Un point de vue partagé entre tous. Janine Vaux, pour la FSU de s’interroger : «Et quelle solidarité pour les retraités ? De l’agressivité envers nous. À l’image des paroles entendues à  propos de Geneviève Legay, considérée comme «une personne fragile qui ne devrait pas manifester». Les retraités auront la sagesse de manifester le 11 avril face à cette vraie crise sociale qui perdure de manière éhontée»...

Avenir laborieux

Marcel Durand de FO et Jean-Claude Gayerie pour Solidaires fustigent «la liquidation des agents dans les centres de finances publiques» qui ne permettra pas «les contrôles nécessaires à empêcher l’évasion fiscale» comme l’utilisation du CICE «qui n’a pas créé d’emplois. La Poste a touché 976 M€ sur trois ans et 18.630 emplois ont été supprimés. En 2017, elle affichait 988 M€ de bénéfices et sa filiale Geoposte a investi en Allemagne, Pologne, Espagne !» alerte le syndicaliste FO. L’intersyndicale voit ces aberrations du capitalisme libéral comme un empêchement au financement du 5ème risque de la Sécurité Sociale, née du Conseil National de la Résistance en 44.  «En 45, le pays est sorti exsangue, on a pourtant pu  financer la Sécurité Sociale. Pourquoi on ne le ferait pas aujourd’hui ?» remarque Michel Planche.
Parce que la France doit maintenir son 5ème rang au classement du PIB mondial et plier sous les directives de l’UE ? L’avenir des retraités s’annonce laborieux : «On risque de revenir dans la rue pour soutenir les actifs qui verront l’âge de la retraite reculer avec une hausse des trimestres à valider », préviennent-ils.

Sabine Parisot


Jeudi 11 avril à Tulle
- 10h : Quai Baluze distribution de cartes postales «Le Printemps des retraités»
- 11h : manifestation.

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